Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

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À propos de la disparition massive des abeilles

À PROPOS DE LA DISPARITION MASSIVE DES ABEILLES

Généralités

La présence des abeilles dans la nature et notamment dans l’environnement qu’occupe l’homme est essentielle. Elles fertilisent par pollinisation les fleurs, qui deviennent fruits. Mais aussi, par la pollinisation croisée, elles renforcent la résistance des végétaux contre les maladies, et les conditions climatiques de façon naturelle. Ainsi, elles créent des variétés sous espèces, et augmentent la biodiversité…

À la suite de l’industrialisation de la production agricole, ces valeureuses auxiliaires, nos abeilles, se retrouvent dans une situation de danger de disparition. En effet, elles subissent l’agression de nombreux insecticides et autres traitements chimiques, qu’ils soient dispersés où employés directement. Elles subissent aussi des effets néfastes dus aux modifications génétiques des végétaux (OGM).

Conséquences : affaiblissement sanitaire, maladies … mort.

Les apiculteurs en sont conscients, ce qui n’est pas forcément le cas du grand public. Raison valable pour se le rappeler, et le répéter dans son entourage.

Aggravation de la situation

La situation sanitaire déjà bien inquiétante des abeilles s’est aggravée par l’arrivée du varroa destructeur. Il se trouve, que contre ces acariens mortels pour la colonie, aujourd’hui il n’existe que des traitements chimiques. De plus sous les charges de l’agression de ces parasites envahissants, se développent de nombreuses infections, alors que ces pauvres abeilles vivent, baignent déjà dans un environnement chimique agressif.
À la sortie de l’hiver 2008 en Rhône- Alpes, les pertes hivernales s’élèvent à 57%. S’il en est de même dans toutes les régions, comme on compte environ 1,2 million de colonies sur le territoire national, alors la France a perdu 600 mille colonies d’un coup. Au rythme de la perte 2008, perte réelle et incontestable, dans quatre ans, en 2012, mathématiquement, il ne restera plus que 38000 ruches sur les 1,2 millions en 2008.
Or il semblerait qu’aujourd’hui nous ne sommes pas sur le chemin de l’amélioration concernant les conditions de vie de nos abeilles, bien au contraire. De nouvelles attaques chimiques vont se superposer sur les anciennes par de nouveaux traitements appliqués par l’industrie agricole.
Cette dernière se développera certainement à grande vitesse, d’autant plus qu’une demande importante de biocarburant va se présenter, à la suite de l’enchérissement du carburant d’origine minérale. D’immenses territoires en jachère seront alors consacrés à la production industrielle de végétaux réservés à la fabrication du dit biocarburant.
Les traitements chimiques, désherbants et insecticides de ce territoire échapperont alors aux contrôles de l’emploi des traitements chimiques. En effet, de telles productions ne seront pas en rapport avec les aliments destinés à la consommation humaine. Dans ces conditions arrive immanquablement une détérioration environnementale jamais constatée. Dans ces régions, pour nos abeilles la vie sera impossible. Mais elles ne seront pas les seules bannies ! Tous les animaux sauvages ou pas seront exclus.
Ce qui n’est nullement étonnant à la suite de la dégradation, puis la quasi-disparition de leur environnement. Un tel territoire sera invivable pour les humaines aussi et encore plus pour les apiculteurs !

Autres menaces pour les abeilles ?

Rappelons- nous aussi que la façon de vivre des abeilles s’est formée au moins il y a quelque 60 millions d’années. Elles ont mené leur vie à leur manière naturelle et cela avec succès depuis lors et à travers tous les aléas de maladies et de catastrophes naturelles.
Alors arrive l’homme avec son industrie agricole, avec ses traitements insecticides systématiques. Mais comme cela ne suffisait pas, arrive aussi l’apiculteur avec sa technologie apicole moderne qui n’a rien de commun avec la vie que les abeilles ont mené depuis 60 millions d’années.
Il est fort probable que la plus grande catastrophe naturelle jamais vécue par l’abeille et cela depuis quelque 60 millions années, est arrivée avec l’homme et ses méthodes modernes de cultiver la terre, doublé de ses technologies apicoles modernes.

L’insouciance humaine

Mais l’insouciance humaine ne s’arrête pas au refus de prendre en compte la vie des abeilles vieille de 60 millions d’années. Dans son aveuglement, l’homme va jusqu à démolir son propre milieu naturel, son propre environnement dans lequel il vit et duquel il dépend.
Et pourtant cet animal bipède que nous paraissons être, est doté d’une capacité de réflexion supérieure et sans égale. À quoi servent alors ses capacités s’il ne tient pas compte de ce qui se passe autour de lui : la dégradation fulgurante de son environnement.

L’abeille, petit insecte, vit aussi en société organisée. Il est passionnant de regarder comment elle s’organise, comment elle se débrouille dans la vie. En tout cas, elle ne travaille jamais en contresens de son propre intérêt. Elle ne détruit rien dans la nature, qui lui assure sa vie, bien au contraire. Elle cherche à améliorer sa condition de vie par la pollinisation croisée des végétaux, par l’enrichissement de la biodiversité. Serait-t-elle plus intelligente que l’homme dans son comportement lorsqu’il détruit son propre environnement ?
Il est également vrai, que l’homme vit aussi dans une société complexe très organisée. Nos dirigeants politiques sont élus au suffrage universel. Un homme adulte = un vote. Il faut aussi remarquer, que la grande masse des votants vit en milieux urbains depuis plusieurs générations, comme leurs élus. Cette population est coupée de la réalité de la nature. De ce fait nos élus ont le droit de ne pas tenir compte des arguments alarmants développés par des minorités. Faut-il alors admettre que la démocratie égalitaire « un homme = un vote » est défaillant, car elle n’aboutit pas obligatoirement à un choix politique judicieux respectueux de la nature et de l’environnement.

Comment faire alors ? Est-ce que les abeilles montrent un exemple de chemin praticable ? Voir dans la même rubrique « La démocratie chez les abeilles » ou « Le choix d’un gîte »
Est-ce que nos chefs politiques continueront à ne satisfaire que l’exigence de certains. C’est ainsi que de nouveaux insecticides comme le « Cruiser » ont l’autorisation de continuer à empoisonner notre environnement. Comment sortir d’une telle situation ?

Joseph Bencsik
joseph.bencsik@free.fr

BENCSIK Joseph - 26 mai 2008

Réalisé par Cuperteam