Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

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Avez-vous entendu parler de la Task Force sur les pesticides systémiques ?

PESTICIDES NÉONICOTINOÏDES

Avez-vous entendu parler de la Task Force sur les pesticides systémiques ?

Il s’agit d’un groupe de 53 scientifiques issus du monde entier, qui ont mené dans la plus grande discrétion une évaluation complète (méta-analyse exhaustive) sur les pesticides néonicotinoïdes – notamment suspectés de décimer les abeilles.
Leurs conclusions, publiées dans un journal scientifique, sont sans appel : non seulement ces pesticides sont très nocifs pour les abeilles et autres insectes pollinisateurs, mais ils nuisent aux insectes du sol, aux oiseaux, à la faune aquatique, aux mammifères et même peut-être à l’Homme.
En étant utilisés à très grande échelle, dans le monde entier (plus d’un quart du marché mondial), ils contaminent tout l’environnement et mettent en péril l’agriculture de demain.

Cette étude est une preuve de plus face aux firmes agrochimiques qui sont prêtes à tout pour sécuriser leurs milliards de profits, et pour convaincre les responsables européens d’interdire ou de réduire pour de bon, ces pesticides nocifs pour les pollinisateurs, l’environnement et l’alimentation des générations futures.
Site internet de la Taskforce : http://www.tfsp.info/


Conclusions de l’Evaluation Mondiale Intégrée sur les risques des néonicotinoïdes et du fipronil pour la diversité et le fonctionnement des écosystèmes.

Traduction : Christian Pacteau et Jean-Marc Bonmatin

Conclusion générale

La littérature existante montre clairement aujourd’hui que le niveau de pollution par les néonicotinoïdes et le fipronil, résultant des seuls usages autorisés, dépasse souvent les concentrations pour lesquels un effet nocif est observé pour un large éventail d’espèces non-cibles et qu’ils sont donc susceptibles d’avoir une large gamme d’incidences biologiques et écologiques négatives.
La combinaison de leur utilisation prophylactique (préventive), de leur persistance (sol et eaux), de leur mobilité, de leurs propriétés systémiques et de leur haute toxicité chronique, permet de prévoir des impacts considérables sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes.
L’ensemble des preuves examinées indique que l’échelle actuelle d’utilisation des néonicotinoïdes et du fipronil n’est pas une approche de gestion de la lutte antiparasitaire durable et qu’elle compromet les actions des nombreuses parties prenantes dans le maintien et le soutien de la biodiversité, et par suite, des fonctions et les services écologiques rendus par divers organismes. Dans les milieux agricoles modernes, il est de plus en plus clair que les traitements insecticides néonicotinoïdes et fipronil – en incluant les applications prophylactiques - sont incompatibles avec l’état d’esprit qui a conduit à l’élaboration des principes de gestion intégrée des ravageurs (IPM) (Integrated Pest Management). Bien que les approches de lutte intégrée ont toujours inclu des outils insecticides, il existe d’autres approches qui peuvent être efficacement intégrées avec l’IPM. Ceci en attribuant aux produits chimiques la position de dernier recours dans la chaîne des options préférentielles qui doivent être appliquées en premier lieu. La pratique actuelle de traitement des semences est à l’opposé : elle applique le traitement chimique en première intention.
En raison des propriétés de persistance et de systémie du fipronil et des néonicotinoïdes, de leurs effets qui en découlent et de la charge environnementale qui en résulte, ces composés sont incompatibles avec la gestion intégrée des ravageurs (IPM).


Publié avec l’aimable autorisation du Dr BONMATIN Jean-Marc, Researcher, Centre National de la Recherche Scientifique, Centre de Biophysique Moléculaire, CS 80054, 45071 Orléans, France

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2 décembre 2014

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