Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

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Comment récupérer une colonie installée dans une cheminée ?

Comment récupérer une colonie installée dans une cheminée ?

Ce n’est pas la première fois que je reçois de tels appels et messages, à la suite de mes publications parues dans divers organes de presses apicoles. C’est ainsi qu’il y a quelque temps (2007) dans le site Internet du Syndicat des Apiculteurs du Rhône, rubrique « tribune libre » a paru quelques-uns de mes propos au sujet d’« Une colonie dans la cheminée ». De tels phénomènes ont été donc observés par de nombreux apiculteurs et même par des habitants. Leurs signalements confirment mon hypothèse concernant les prédispositions des abeilles pour se loger dans de tels lieux. Il faut se mettre à l’évidence : pour se loger, elles ne dédaignent pas des endroits à courant d’air plus que fort, et cela en permanence. De plus, il y règne une odeur fumée. À première vue, cela paraît paradoxal. En effet, les manuels de la pratique apicole en général ne conseillent jamais de créer de telles conditions pour l’élevage des abeilles. Faut-il en conclure que quelque part les abeilles se moquent de ces spécialistes en apiculture et leurs manuels apicoles ? Mais que faire si une fois elles y sont installées ? Les pompiers les détruisent à condition que le commanditaire paye. Pourtant, ces abeilles ne sont peut-être pas considérées comme perdues pour autant et pour tout le monde. De nombreux amateurs cherchent les moyens pour les récupérer. Parfois, ils inventent des méthodes pour y parvenir.

Dernièrement, J N Lavier, apiculteur dans le Val d’Oise a publié photos à l’appui, dans la revue Abeilles de France, N°960, juillet – août page 317 sa méthode. Il se promène sur le toit avec ces outils pour accéder à l’embouchure de la gaine préférée des abeilles. À remarquer que dans son cas, l’essaim ne s‘est pas encore établi dans le lieu. Il pouvait donc intervenir avant de son installation. Mais c’est rarement le cas. En général, l’essaim est déjà installé, et a bâti ses rayons et a commencé son cycle d’élevage. Que pourrait-on faire dans ce cas ?

Quel que soit le cas, pour ma part je me vois mal vouloir circuler sur les toitures pour accéder aux cheminées habitées par les abeilles. Même une ceinture de sécurité, solidement attachée n’assurera pas mes sentiments d’inquiétudes. Sans parler des dégâts causés possibles provoqués par ma circulation sur un toit, tuiles cassées, étanchéité abîmée. Pour ces raisons, je ne conseillerais pas aux amateurs d’adopter de telles démarches. Cependant, face à de nombreuses demandes, je me sens encouragé à suggérer une solution sans prétention. Qui ne tente rien, n’obtient rien !

Voici brièvement une tentative de démarche, du moins, sans risquer de tomber.

1. Repérer la gaine concernée et son fond, c’est-à-dire l’ouverture par laquelle s’évacue la suie accumulée. À vérifier aussi son accessibilité. S’il y a plusieurs gaines, on peut aussi envoyer quelques bouffées de fumée et observer, celle qui fume, par rapport la celle occupée par la colonie.

2. Prévoir un plateau à bord remontant et de dimension identique à la section de la gaine par ex. en carton ondulé. Fabrication sur mesure possible surplace. Ensuite, il faut l’introduire dans la gaine repérée, à plat et avec les bords relevés.

3. Prévoir deux enfumoirs en marche, fonctionnant successivement par exemple aux cartons ondulés enroulés bien serrés. Cependant, le feu ne doit être trop fort.

4. Jeter une poignée de protoxyde d’azote (engrais agricole) sur le feu de l’enfumoir et successivement.

5. Actionner les soufflets alternativement et avec modération. Surveiller en même temps la couleur de la fumée. Elle doit être blanchâtre, sinon elle est toxique aussi bien pour le manipulateur que pour les abeilles.

6. Injecter copieusement et successivement la fumée blanchâtre ainsi obtenue dans la gaine.

7. En respirant cette fumée, les abeilles tombent anesthésiées sur le plateau et y restent 10 minutes sans bouger.

8. Puis retirer le plateau avec les abeilles anesthésiées et les disposer immédiatement dans une ruche, avec cadres et provisions, supposé que la reine est tombée aussi. Faut-il que la population soit nombreuse ? Mais en général, ce n’est pas le cas. Il est plus raisonnable alors de déverser les abeilles dans une ruche déjà occupée par une colonie faible par exemple.

9. En se réveillant, elles perdront la mémoire. Ainsi, elles s’adaptent facilement à la colonie réceptrice et elles ne reviendront plus à la cheminée.

10. Procéder ainsi au plus tard dans la saison, fin septembre, octobre, du moins avant que la gaine sera mise en service. Le but est de limiter la perte de l’élevage en cours


Naturellement, je souhaite bonne chance à tous ceux qui souhaiteraient sauver ainsi la vie des abeilles. Sinon, dès que la gaine se retrouve en service à l’arrivée des jours froids, la colonie sera automatiquement détruite. En cas de cheminée hors usage, le printemps arrivé de nouveaux essaims peuvent en sortir. J’ai pu observer également de tels cas.
Alors bonne chance aussi pour les abeilles !


Joseph.bencsik@free.fr
Lyon août 2009

BENCSIK Joseph - 29 septembre 2009

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