Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

Chambre d'Agriculture - 18 rue des Monts d'Or - 69 890 La Tour de Salvagny



Intervention de Mr Jacques FRENEY

Inauguration du 17e “Congrès National de l’Apiculture Française”
Villefranche-sur-Saône, vendredi 24 octobre 2008

Extraits de l’intervention de Monsieur Jacques FRENEY

Syndicat d’Apiculture du Rhône

Cette enquête a révélé dès le printemps 2008, que 57 % des ruches avaient disparu dans notre département pendant l’hiver 2007-2008

C’est devant 900 apiculteurs que Jacques FRENEY, assisté de Sosthène FAYOLLE et d’Alain ROUCHON, a présenté les résultats et les procédures utilisées pour la réalisation de cette enquête effectuée par le Syndicat d’Apiculture du Rhône.

Les chiffres obtenus ne peuvent plus être contestés. Jamais une étude n’avait été réalisée sur un nombre aussi important de ruches (3488 ruches), sur un nombre aussi important de ruchers répartis sur tout le département (303 ruchers), et auprès des trois catégories d’apiculteurs (professionnels, pluri-actifs et “amateurs”). C’est la première étude impartiale et de cette importance réalisée sur ce sujet “tabou”.
Le constat est clair : les ruches qui ont passé l’été et l’automne à proximité des cultures ont disparu pendant l’hiver.

Actuellement seul notre Ministre de l’Agriculture conteste ces chiffres et c’est par une “pirouette” qu’il a répondu aux “questions écrites ” formulées par certains de nos élus qui défendent notre juste cause. Le rapport de Mr Martial SADDIER, “Monsieur Abeille”, mandaté par notre Premier Ministre, rapport qui nous est parvenu juste avant ce congrès, a mis la majorité des apiculteurs dans le doute en ce qui concerne l’objectivité des constats annoncés : “la mission positionne les problèmes des maladies des abeilles comme facteurs prépondérants”.
Et oui c’est évident, Mr SADDIER sur demande de Monsieur le Premier Ministre a complètement occulté le problème des pesticides, car il lui était précisé : ... “sans préjudice de la nécessaire prise en compte de la protection sanitaire des cultures”.
Pour ces raisons, ce rapport ne correspond pas à nos attentes. Ce n’est pas la dizaine de pages de recommandations formulées pour la conduite d’un rucher de débutant, qui vont nous rassurer. Pour noyer le poisson, on ne fait pas mieux !

Jacques FRENEY a bien précisé pendant son intervention :
=> que le syndicat d’Apiculture du Rhône a prouvé que 80 % de nos problèmes provenaient des traitements des cultures (pertes jusqu’à 100 % des ruches à proximité de certaines cultures, arbres fruitiers, vignes et céréales et pertes normales de 10 à 12 % en milieu éloigné des cultures).
=> que le problème du varroa n’est pas à sous-estimer, mais qu’il ne représente que 20 % de nos problèmes, avec les virus, la nosémose, le mauvais suivi des colonies, l’inexpérience des apiculteurs ...
=> qu’un traitement anti-varroas alterné et un rucher situé dans une zone exempte de culture permettait de retrouver des taux normaux de mortalité hivernale avec une moyenne de 10 à 12 %.
=> que nos abeilles disparaissent en ne revenant pas à la ruche. Pour cette raison le déclin de la colonie passe souvent inaperçu de l’apiculteur en particulier en hiver. Dans ce cas précis, après une claustration de quelques jours par suite des mauvaises conditions de température, et certainement après avoir consommé du pollen légèrement contaminé par des pesticides de nouvelle génération, les abeilles sortent de la ruche et ne retrouvent pas leur colonie.
=> que des cas d’intoxications aiguës sont maintenant constatés régulièrement au printemps, depuis le début des années 2000 .
=> qu’il ne faut pas inverser les problèmes : nos abeilles ne sont pas malades. On les rend malades.
Dans une nursery, si on enlève les infirmières et que la nourriture est de mauvaise qualité, il est normal que les nourrissons mal soignés, soient de plus en plus malades et meurent. C’est ce qui arrive à nos abeilles. Une génération d’abeilles affaiblies donnera une nouvelle génération d’abeilles affaiblies. Et que dire de la qualité des reines qui sont nourries avec une bouillie provenant d’abeilles physiquement diminuées ...

On veut nous aider, mais on oublie volontairement les pesticides. Les dés sont donc pipés ... (vieille expression française qui signifie qu’il y a tromperie...)

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Vue partielle de la salle de conférence d’une capacité de 950 places assises.

Syndicat d’Apiculture du Rhône - 14 janvier 2009

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