![]() |
Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise
Chambre d'Agriculture - 18 rue des Monts d'Or - 69 890 La Tour de Salvagny |
|
La démocratie chez les abeilles
LA DÉMOCRATIE CHEZ LES ABEILLES - OBSERVATIONS ET RÉFLEXIONS Il y a aussi certaines pratiques surprenantes à observer chez les abeilles. En l’occurrence il s’agit, d’une sorte de procédé "politique" qu’elles utilisent dans certaines circonstances, notamment à l’occasion de l’essaimage. Leur comportement dans ce domaine offre une nouvelle occasion d’étonnement, pour nous les hommes évolués et de surcroît comme nous le croyons, démocrates. Dans le cas présent, il est question « d’élections résidentielles » auxquelles procède en réalité tout essaim naturel. Dans la pratique, en général, la partie de population quittant la souche, s’agglomère provisoirement sous une branche près de la ruche. Cette grappe d’abeilles est composée en moyenne par quelque 15000 individus. Bien évidemment, elles ne vont pas rester sur place pour passer l’hiver. Ce n’est qu’une halte provisoire, une sorte de « rassemblement ». Il va donc falloir chercher un gîte convenable pour s’établir, pour pouvoir vivre, se protéger,... pour passer l’hiver, se reproduire après. Pour y parvenir, l’essaim naturel emploie un processus de recherche remarquablement efficace, et étonnamment démocratique. Nombreuses de mes observations tendent à le démontrer.
Bien entendu, chacun des 15000 individus que compose l’essaim, ne va pas chercher individuellement, un emplacement possible pour sa colonie. Cette façon de faire serait d’ailleurs complètement inefficace pour des raisons logiques compréhensibles. Ils ont bien mieux à faire. Faut-il remarquer aussitôt, que la communauté de ces petits insectes possède donc une logique rationnelle ? Alors, "en connaissance de cause", les abeilles « désignent » et envoient plusieurs dizaines d’émissaires pourvoyeuses à la recherche d’un gîte, et pas n’importe lequel. Ces "déléguées sont des spécialistes, expertes" en matière de "logements". Ce sont elles et uniquement elles qui partent à la recherche d’un gîte, le meilleur possible dans les proches environs. Elles visitent alors chacune, de nombreux gîtes susceptibles de convenir pour se loger. Il s’agit bien de juger les qualités de chaque lieu découvert (jugement subjectif puissant au premier degré). Faut-il ensuite être capable de comparer les qualités des lieux inspectés entre eux (jugement subjectif à la puissance 2). Sinon pour quelles raisons visiter tant de lieux ?. Ce fait implique leur capacité d’effacer au passage, de leur mémoire des renseignements inutiles ou obsolètes et cela à volonté. Alors que d’autres informations peuvent être mémorisées jusqu’à 48 H. Déjà des questions pertinentes Comment cette communauté désigne-t-elle ses missionnaires spécialistes chargés de la recherche "immobilière" ?. D’où viennent leurs compétences en la matière ?. Comment se forment leurs opinions subjectives ?. Quelles sont les qualités d’un logis idéal pour elles ?... Le déroulement du processus Les missionnaires, "agents immobiliers" partent, une à une de la surface même de l’essaim pendu et cela chacun dans des directions différentes. L’essaim est calme et attend patiemment la suite des événements. Certains parmi ces émissaires reviennent quelque temps après, d’autres tardent. Mais maintenant il va falloir choisir parmi les lieux que chacune des pourvoyeuses ont rapporté à l’essaim en tant qu’information. Il y en a autant que le nombre des émissaires. Alors, comment savoir, quel est le lieu qui possède les meilleures qualités ? Il s’agit bien d’un choix subjectif, cette fois-ci non individuel, mais collectif et de plus démocratique. (à la puissance 3) ?
Chacun des lieux initialement et individuellement choisis par les "émissaires "sera alors visité et revisité par des membres du détachement "chargés de contrôles". Alors les informations seront croisées, vérifiées et revérifiées au cours de véritables "meetings politiques". Chacune des contrôleuses, fait le choix parmi des lieux visités et en rentrant « crie » les mérites des gîtes contrôlés jusqu’à ce que par les croisements des visites, une large majorité se dégage en faveur du lieux favori. (Choix subjectif à la puissance 4)
Déjà, au cours de la formation de la majorité un "détachement militaire" sera alors envoyé sur les lieux, afin de défendre les accès du gîte repéré, et cela contre tout "agent immobilier" étranger à la colonie. On aperçoit alors leur présence sur la planche d’envol de la « ruche piège ». Il est facile de les reconnaître. Elles restent sur place en permanence. Quelquefois elles sont par dizaines et elles vérifient l’identité de tous ceux qui arrivent. Au besoin il y a même de la bagarre. Ce phénomène signifie que le choix est fait, les élections résidentielles ont abouti, la "décision" est prise pour occuper précisément ce lieu comme résidence principale. Quelque temps après que ce phénomène se soit produit, l’essaim arrive et occupe le lieu. Des échecs pourtant Par manque de gîtes naturels convenables dans les environs, mais aussi par manque de missionnaires, (le cas des essaims tardifs, secondaires, voire tertiaires et plus) ou par le manque de compétence de ces dernières, (les essaims tardifs sont composés principalement par des jeunes avec peu expériences) le processus n’aboutit pas toujours à des résultats convenables. Alors, dans la plupart de ces cas, de telles colonies ne survivent pas aux rigueurs des intempéries hivernales. N’est ce pas aussi une façon pour la Nature de sélectionner les colonies, les plus résistantes, plus « intelligentes » ayant les meilleures capacités d’adaptation ? La symbiose La société des abeilles vit en symbiose avec son environnement, ce qui correspond à un comportement rationnel logique et surtout efficace. Leurs 80 millions d’années d’existence en est une preuve flagrante. Ce qui est certain, c’est que durant toute leur existence, elles n’ont jamais aggravé elles-mêmes, leurs propres conditions de survie. Symbiose oblige ! Ce n’est pas un secret, mais une constatation ! L’apiculteur raisonnable s’adapte aux moeurs de ses abeilles, et non l’inverse. Il cherche à favoriser leur dynamisme au développement, à renforcer leur condition vie et de santé. Il ne prélève que le surplus en guise de location et de soins prodigués. Tels sont ses propres intérêts, et aussi l’intérêt de l’humanité ! Joseph Bencsik 23, bd des Castors, 69005 Lyon BENCSIK Joseph - 1er novembre 2007 |