Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

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Longévité des abeilles

Les pages qui vont suivre sont extraites d’une « feuille d’information » publiée par « Criadero apicola LOS ALAMOS » de Ricardo Prieto y Flia – R. Falcon 189 - 6000 Junin (Bs.As) - Argentina

www.reinasdeprieto.com.ar

et publiées, avec leur aimable autorisation.

Traduction assurée par Ignace BARCELO 351 chemin du Creuzet 69730 Genay.

LONGEVITE DES ABEILLES

Publié dans « La Gaceta del Colmenar n° 278- Avril 1963 », par Jacinto Naviero, apiculteur

Depuis que l’on sait que les abeilles d’hiver vivent plus longtemps, on a essayé d’en découvrir la cause.

Au commencement on pensait que c’était le travail qui raccourcissait la vie des abeilles. Depuis on a bâti différentes théories que nous allons analyser. Je vais faire seulement référence aux deux dernières qui ont été faites par deux chercheurs de renom.

Il me semble téméraire d’être en désaccord avec ces sommités, mais je m’appuie sur des expériences simples que tout apiculteur observateur et avec une bonne dose de bon sens peut renouveler et vérifier.

Anna Maurizio (Suisse) (voir Apicultural Abstracts- Vol.13 (4)- hiver1962-page 139), dit qu’elle a prolongé la vie des abeilles d’hiver, en leur donnant beaucoup de pollen, alors qu’il n’y avait plus d’élevage. Sous l’influence du pollen arrive avant l’hiver une génération d’abeilles à longévité longue, avec des réserves de corps gras et des glandes pharyngiennes bien développées. C’est la raison pour laquelle, selon elle, les ouvrières vivent plus longtemps en hiver que les autres saisons.

Le docteur Maurizio ajoute, ce en quoi je suis d’accord, que d’autres facteurs tels que la génétique, la vieillesse physiologique ou les travaux faits en dehors de la ruche, ont peu d’influence sur leur longévité.

Ce sur quoi je ne suis pas d’accord, sur la base de mes propres expériences, c’est la thèse citée dans Apicultural Abstract. Au début de l’été, c’est là que les colonies ont de grandes quantités de pollen dans les cadres, et c’est alors que les abeilles le ramassent en grandes quantités. Logiquement c’est là qu’elles en consomment le plus, et justement c’est en été que leur vie est la plus courte.

En fin de compte nous dirons, qu’il est possible que ce soit le manque de pollen qui allonge leur vie.

Jalifman, sur les pas des chercheurs russes, affirme que la longévité des ouvrières d’hiver, est due à la variété de pollen que produisent les plantes en automne, et que les apiculteurs russes gardent des cadres de pollen d’automne pour les donner aux colonies au printemps, et que de cette façon ils obtiennent en cette saison des abeilles à longévité longue, avec tous les avantages correspondants. C’est une erreur, de même que d’autres conclusions qu’il cite dans son ouvrage très intéressant « Le monde des abeilles ».

Nous vous proposons de vous démontrer que la longévité d’une abeille ouvrière dépend de ce qu’elle a ou pas de larves à nourrir pendant une période de sa vie.
Pour preuve, dans une colonie sans reine, les ouvrières doublent ou triplent leur durée de vie par comparaison à une colonie normale. N’ayant pas à produire la gelée royale pour nourrir une vie nouvelle, elles prolongent la leur.

Si nous prenons un essaim d’abeilles noires, et au moment où nous le récupérons nous lui changeons sa reine par une reine italienne, fécondée, nous verrons que dans les 45 jours il ne reste presque plus d’abeilles noires. Mais si au lieu de lui donner une reine fécondée, nous lui donnons une cellule royale. Si en plus celle-ci vient à être refusée, et que 10 jours plus tard nous lui en donnons une autre qui est acceptée. Elle se fait féconder et commence sa ponte. Nous observons que même 60 jours après on trouve encore des abeilles noires. Ceci prouve que la vie de ces abeilles a été prolongée de la période correspondant au temps où la colonie est restée sans élever.

Des preuves très concluantes, nous les avons eues l’année dernière. Au début mai, (novembre dans l’hémisphère Nord, note du traducteur) nous avons reçu 15 reines caucasiennes grises des EE.UU., que nous avons introduites dans autant de nucléus de 5 ou 6 cadres d’abeilles italiennes, avec un peu d’élevage.

Une fois acceptées, trois d’entre elles commencèrent leur ponte immédiatement et ceci jusqu’à l’entrée de l’hiver. Les autres commencèrent à pondre au printemps.

À la fin de l’été, elles étaient toutes en ponte. Celles qui avaient élevé en hiver, toutes les abeilles jaunes avaient pratiquement disparu, et avaient été remplacées par des grises, alors que celles qui n’avaient pas élevé en hiver, la population d’italiennes fut maintenue.

Comme nous disions, n’ayant pas de nouvelles vies à nourrir, elles ont prolongé la leur.

Ceci explique ce que nous avons fait remarquer ci-dessus ; la rareté ou le manque de pollen pourrait être un facteur de longévité chez les ouvrières. Lorsqu’il y a un manque de pollen, il ne peut pas y avoir de sécrétion de gelée royale, et par conséquent pas d’élevage.

Il se peut que le mécanisme de ce phénomène ne soit pas si simple, mais la nature est généralement ainsi faite, claire, simple et prévoyante.

C’est nous, chargés de l’interpréter, qui la compliquons.

Traduction Ignace Barcelo - 23 décembre 2008

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