Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

Chambre d'Agriculture - 18 rue des Monts d'Or - 69 890 La Tour de Salvagny



Mesures de résonances mécaniques dans une ruche, et application à la pratique apicole.

Mesures de résonances mécaniques dans une ruche, et application à la pratique apicole.

Dans une colonie d’abeilles, d’importantes quantités d’informations précises circulent, et entre autres par l’intermédiaire des vibrations et résonances mécaniques.

Les premières recherches scientifiques préliminaires le prouvent. Bien que leurs rôles soient très importants, leurs significations précises sont aujourd’hui encore, presque totalement inconnues. Or, il s’avère que le déchiffrage de ces informations pourrait permettre de mieux connaître la vie des colonies, leurs conditions de vie, leurs perturbations, ou leurs états de santé. Elles pourraient aussi constituer une nouvelle opportunité pour mieux connaître leur manière d’agir et de s’organiser.

Graphique-d\'essaimage Évolution d’une composante du signal, extraite par analyse « ACP », en fonction du temps. Cette composante spécifique (il y en a dix autres extraites par la même méthode) constitue un excellent indicateur de la fièvre d’essaimage. Le graphe montre non seulement un maximum d’amplitude au moment de l’essaimage, il prouve aussi que ce signal augmente régulièrement pendant plusieurs jours qui précèdent l’essaimage. Ceci promet une méthode pour prédire la date de l’essaimage plusieurs jours en avance.

À ce jour, les signes caractéristiques de la fièvre d’essaimage ont été identifiés. Durant les années 2008 et 2009, des relevés de vibrations ont été enregistrés, d’abord en France à Jarnioux 69640 Rhône, dans un rucher expérimental, sur deux colonies, ensuite sur divers ruchers en Angleterre. Ces enregistrements ont été ensuite analysés à l’Université Trent de Nottingham. Il s’est avéré alors, que par une méthode analytique mathématique spécifique, il est possible d’extraire du bruissement global, une vibration spécifique, dont le caractère est fortement lié à l’état de fièvre d’essaimage.

C’est ainsi qu’aujourd’hui il est déjà possible de prévoir la venue de l’essaimage, et cela 12 à 14 jours avant que cela se produise. De plus, cette prévision peut se réaliser sans ouvrir la ruche, quelles que soient les conditions climatiques.

Cette connaissance seule, promet déjà une nouvelle ère dans l’apiculture. Mais il est certain que d’autres découvertes à venir sur le bruissement de la colonie vont améliorer davantage encore la pratique apicole. Elles permettront d’élargir considérablement notre vision et la compréhension de la vie de la colonie.

Imaginons qu’un jour prochain l’apiculteur pourra se brancher avec compréhension sur le réseau d’informations qui circulent dans le bruissement de la colonie. Imaginons aussi qu’il pourra reconnaître la signification de l’ensemble des informations circulantes dans une population donnée. Ce jour-là il pourra surveiller son cheptel, connaître tout ce qui se passe dans ses colonies. Ses interventions directes ne seront réalisées qu’en cas de besoin, déclenchées préalablement par un signal venant de la surveillance des informations internes de la ruche.

Dispositif-actuel-de-captag Sur le cliché la sonde (accéléromètre) qui capte les vibrations des abeilles peut être vue, légèrement incrustée (5 mm) dans le bois de la ruche, à l’arrière, au milieu de la paroi. La sonde peut être retirée facilement, à la main, en tirant dessus. Dans le futur, elle pourrait être installée et retirée encore plus facilement en utilisant une sonde magnétique, avec un petit disque métallique collé/incrusté sur la paroi de la ruche.

Jusqu’ici, pour obtenir des informations précises sur la situation de la colonie en matière d’essaimage, l’apiculteur était dans l’obligation d’ouvrir sa ruche et d’examiner les cadres d’élevage, un à un, à la recherche des alvéoles d’élevages royales, signe intangible de l’essaimage en préparation.
Naturellement, pour procéder à de telles opérations il faut avoir des conditions climatiques favorables, pas de pluie, une température au dessus + 15 C°, et qu’il fasse jour. Le pratiquant doit alors préparer ses outillages, habits de protection, allumer l’enfumoir… les porter sur le lieu, au pied de la ruche en attente d’inspection.

Alors, en examinant les cadres d’élevage un à un, l’apiculteur doit agir avec précautions pour éviter de blesser mortellement un certain nombre abeilles, notamment la reine. Il est alors conseillé de consacrer du temps en conséquence. À noter également que dans des conditions climatiques défavorables, vents, pluies violentes, orages, et la nuit tombée il ne peut pas procéder ainsi. Dans la pratique apicole de nos jours, une telle visite s’impose à chaque fois qu’un soupçon pèse sur la probabilité proche ou imminente d’un événement important suggéré par des signes extérieurs incertains.

Naturellement, cette façon de procéder provoque aussi et inévitablement d’importants dérangements dans l’organisation de la vie de la colonie. Pour retrouver l’état d’équilibre qui régnait au sein de la ruche avant l’intervention, la colonie va perdre un certain temps et une certaine énergie. Évoquons aussi le vieux dicton apicole : colonie essaimeuse = récolte perdue.
Quand un essaim sort, il faut « courir après », pour sa capture. Or comme par hasard il se pose souvent haut perché, à des endroits difficiles d’accès, d’où risque d’accidents, lors de sa capture. Certains essaims sont irrécupérables, d’autres partent en absence de l’apiculteur. Il faut encore assurer la mise en ruche de l’essaim capturé. Ceci suppose la disponibilité de ruches vides, et équipées de cadres munis de cire gaufrée. Pendant ce temps d’autres essaimages (secondaires, tertiaires) peuvent se préparer à la ruche souche. Il va falloir s’en occuper, visiter contrôler, nourrir, déplacer, transporter, réunir….

L’essaimage est donc dans les premières préoccupations de nombreux pratiquants. Grand sera leur soulagement le jour où ce phénomène sera contrôlable sans visite
Alors, imaginons qu’il soit maintenant muni d’un petit appareil portable capable de fournir des informations sur les colonies en préparation d’essaimage et cela sans ouvrir la ruche et quelques soit les conditions climatiques, pluies et vents forts, température basse…, et la nuit tombée. Il pourrait dans ce cas dénombrer toutes ces ruches se préparant à essaimer. Ce repérage lui permettrait de prendre le devant des problèmes, et faire le nécessaire au moins pour limiter les dégâts, si ce n’est pour les éviter complètement. Ce serait un avantage considérable par rapport aux méthodes de la pratique conventionnelle.

Projet de recherche à longue échéance.
Naturellement, bien d’autres informations en plus de celle de la préparation vers l’essaimage, circulent dans la ruche par vibrations entre les abeilles. Elles sont peut-être aussi importantes par leur amplitude que par leurs significations.

D’ores et déjà plus d’une cinquantaine de domaines ont été repérés, comme étant prioritaires à découvrir. Parmi eux, citons par exemple la perte accidentelle de la reine. Elle sera immédiatement repérable et cela sans ouvrir la ruche.

Bien d’autres informations, désordres ou maladies, seront probablement un jour ou l’autre détectables et le système permettra de veiller efficacement sur la santé de nos colonies :

- Repérer les colonies infectées ou déjà malades

- Découvrir et identifier certains agents pathogènes

- Être alerté immédiatement du contact des abeilles avec des produits phytosanitaires dangereux ...

Il faut aussi considérer que l’abeille est un vecteur naturel et essentiel dans le maintien de la biodiversité environnementale. Leur protection est donc pour l’intérêt public.

A l’initiative de l’Université Trent de Nottingham sous la direction du Dr. Martin Bencsik, une équipe de chercheurs internationale de l’Union Européenne a été constituée pour poursuivre les recherches dans le domaine.
Pour réaliser leurs buts, ils ont bénéficié du soutien, et de l’encouragement, de la profession, et ont obtenu l’appui d’associations et d’organismes professionnels, nationaux et internationaux de lue.

Un article scientifique consacré au sujet a était publié par la revue « Computers and Electronics in Agriculture » www.elsevier.com/locate/compag

Lyon, février 2011
Joseph.bencsik@free.fr

CHANT DES REINES


Il se trouve que le chant royal s’avère être aussi un moyen de communication. Il s’agit d’informations vitales très importantes. S’il y a présence dans une ruche d’une reine nouvellement née et de cellules royales prêtes à éclore, ce que l’on appelle le "Chant des reines" pourra se produire.

Dans le petit rucher d’expérimentation à Jarnioux (Rhône), la chance, que de tels événements se produisent est minime. Mais ce n’est peut-être pas le cas ailleurs, comme par exemple chez les éleveurs de reines. Ils ont plus d’occasions d’assister à des « concerts » produits par des jeunes reines, pendant la période des « festivals » des essaims.

Alors, pour les chercheurs, il reste la solution de s’adresser à la bonne volonté des apiculteurs et éleveurs : enregistrez, et envoyez-nous des « bi-bip » royaux dès la première occasion !

BENCSIK Joseph - 19 avril 2012

Réalisé par Cuperteam