Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

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Mortalité hivernale 2008-2009 des abeilles dans le département du Rhône

MORTALITÉ HIVERNALE DES COLONIES D’ABEILLES
DANS LE DÉPARTEMENT DU RHÔNE PENDANT L’HIVER 2008-2009

Enquête réalisée pour la période du 1er novembre 2008 au 20 avril 2009

Nombre d’apiculteurs : 171
Nombre de ruchers : 190
Nombre de ruches hivernées : 1908

1°) MORTALITÉ GLOBALE PENDANT LA PÉRIODE HIVERNALE

Mortalité des ruches de novembre 2008 au 20 avril 2009 :
26 % de pertes

2°) ZONE D’HIVERNAGE

Mortalité en zone de plaine : 30 % de pertes
Mortalité en moyenne montagne : 19 % de pertes
Mortalité en montagne > 600 m : 18 % de pertes

L’hiver ayant été particulièrement long cette année, les ruchers de moyenne et haute montagne ont enregistré une perte hivernale plus importante que d’ordinaire.
En ce qui concerne les emplacements de plaine, la mortalité hivernale est moins importante que pendant l’hiver 2007-2008. Mais il faut noter que de nombreux ruchers placés en zone “pesticides”, et très touchés l’année dernière, ont disparu, ou n’ont pas été entièrement reconstitués.

3°) RUCHERS SÉDENTAIRES ET RUCHERS TRANSHUMANTS

Ruchers sédentaires : 27 % de pertes
Ruchers transhumants : 18 % de pertes

Comme l’année dernière et pour les mêmes raisons, les ruchers transhumants sont moins touchés que les ruchers sédentaires.

4°) ENVIRONNEMENT DU RUCHER

Prairies naturelles et zones boisées : selon les zones, 21 à 23 % de pertes
Arbres fruitiers, céréales , vignes, cultures maraîchères,
Prairies artificielles, tournesol, maïs : selon les zones, 24 à 37 % de pertes

5°) INFLUENCE DES PRODUITS UTILISÉS CONTRE LE VARROA

Apiguard 37 % de pertes
Apivar 23 % de pertes
Apistan 22 % de pertes

6°) CONSTAT DE MORTALITÉ

Ruche vide d’abeilles ou petite grappe d’abeilles mortes : 66 % des constats
Ruche orpheline : 22 % des constats
Ruche pillée, morte de faim ... : 12 % des constats

Nous pouvons noter cette année, que le nombre de ruches trouvées orphelines au printemps 2009, a été plus important que d’ordinaire. Il s’agit en général de colonies peuplées de vieilles reines, qui avaient échapées au massacre de l’année précédente.

Jacques FRENEY,

avec la participation de 171 apiculteurs adhérents à notre Syndicat

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26 % des ruches ont encore disparu cet hiver dans le département du Rhône, après le catastrophique hiver 2007-2008 pendant lequel un minimum de 57 % des ruches avaient péri.

Il est important de connaître qu’en cours d’année 2008, les apiculteurs qui n’ont pas arrêté, ont remonté leur cheptel à un niveau de 80 % d’avant ce désastre : récupération d’essaims sauvages, essaimage artificiel des colonies ayant survécu, achats massifs d’essaims, achat de reines ...

Pour résumer la situation chez nos apiculteurs adhérents 2007 - 2008 - 2009 qui ont encore des ruches :
=> pour 100 ruches en activité à l’automne 2007, il ne restait que 43 ruches mi-avril 2008
=> nos apiculteurs ont reconstitué leur cheptel à hauteur de 83 ruches en automne 2008. 
=> il ne restait que 61 ruches au printemps 2009.
Cette baisse de cheptel, irrégulièrement répartie sur le département du Rhône, a pu être constatée dans de nombreuses communes : on ne voit presque plus d’abeilles sur les fleurs.

L’effort particulièrement important réalisé par les apiculteurs à leur frais, puisqu’aucune garantie n’existe sur ces mortalités hivernales, ne se poursuivra pas indéfiniment.
En effet, 13 % de nos adhérents n’ont plus de ruche ou nous ont quitté cette année avec un mot de dépit : à quoi bon ? ...

Les pertes sont encore colossales dans certaines zones et inexistantes dans d’autres. Les communes du sud de Lyon sont les plus touchées. Les suspects sont nombreux et variés. Par exemple le traitement contre la chrysomèle du maïs, la présence de plantations de tournesols, les semis d’automne de céréales enrobées, la présence de cultures fruitières ...
Depuis plus d’une dizaine d’années, on essaie de nous faire croire que la surmortalité des abeilles est principalement "multifactorielle" : varroatose, incompétence des apiculteurs, virus, dégradation de l’environnement, nosémose ... oui bien sûr, mais on oublie volontairement les pesticides.
Certains de nos collègues affiliés à des structures apicoles minoritaires, continuent à distiller ce discours orienté.
On entretient la confusion ce qui permet à certains acteurs de se dédouaner.
Une abeille intoxiquée qui meurt ou qui disparaît parce qu’elle ne retrouve pas sa ruche, est par définition une abeille malade. Une colonie intoxiquée, qui a perdu une partie de ses butineuses, n’est plus en mesure d’entretenir correctement son couvain. Elle présente alors des signes anormaux de maladies.
De plus en plus, les pesticides apparaissent être les premiers coupables de ces mortalités, en affaiblissant ou en tuant l’abeille. Bien entendu, les parasites, bactéries, protozoaires et virus, ont alors le champ libre pour achever le carnage.

Pour notre syndicat c’est une évidence, dans notre département, les pesticides représentent 80 % de notre problème actuel. Nos différentes enquêtes le démontrent. Nos ruches placées en milieu sain ont pratiquement le même comportement qu’il y a quarante ans. Le varroa n’est pas un problème si nous prenons la précaution de le maintenir à un niveau acceptable avant la mise en hivernage de la colonie.

Un rayon de soleil dans cet avenir sombre : de nombreux nouveaux apiculteurs nous rejoignent. Notre syndicat n’a jamais réuni autant d’adhérents. Espérons que ces nouveaux apiculteurs ne seront pas déçus par leurs débuts dans cette activité passionnante, mais de plus en plus difficile à assumer.

Jacques FRENEY

Éventuellement à relire : notre enquête sur l’hivernage 2007 -2008, résultats et conclusions :

FRENEY Jacques - 29 mai 2014

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