Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

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Rayons pour abeilles, préfabriqués par l’apiculteur et renouvellement des cadres

Rayons pour abeilles, préfabriqués par l’apiculteur.

Les abeilles ont un sens aigu de l’économie. Elles sont « conscientes » de l’effort, de l’énergie, du temps et des conditions favorables nécessaires pour construire de nouveaux rayons. C’est aussi par souci d’économie qu’elles envoient des pourvoyeuses à la recherche de rayons abandonnés. Elles ne dédaignent pas réutiliser des alvéoles construites par d’autres abeilles.
Mais alors, pourquoi n’accepteraient-elles pas des rayons bâtis par l’homme, quand ils sont fabriqués à leur convenance, et justement, en cire d’abeille ? Défi relevé récemment par Mr Kusnyér Tamàs, apiculteur hongrois. Depuis 3 ans, ce dernier a mis au point, avec succès, une méthode de fabrication, et a expérimenté son utilisation. Il s’avère que la colonie accepte de tels rayons et les utilise aussitôt, selon ses besoins, aussi bien en élevage, que pour stocker du miel.
Rayon-artificiel-en-cire Rayon artificiel en cire d’abeilles

Pour preuve :

Il suffit d’installer un essaim de poids connu, en pleine période de miellée, dans son rucher, dans une ruche sur balancier, équipée de cadres gaufrés. Puis installer en parallèle dans une autre ruche, un autre essaim de même poids, sur un balancier, mais cette fois, équipée de cadres artificiels en cire, appelés FAVUS de type « Kusnyér ». Pour plus d’efficacité : positionner au centre, un cadre FAVUS bruni par l’usage. Chaque colonie possède une reine pondeuse.

Cadre-préfabriqué-après-plu Rayon préfabriqué après plusieurs cycles de ponte

À mesure, que le temps passe, et dans tous les cas, il sera facile de constater une avance considérable de la colonie sur cadres bâtis artificiels, FAVUS. Ce qui n’est nullement étonnant :
En effet, pendant que la population de l’une doit récolter le nectar aux champs, commencer à fabriquer de la cire et construire ses rayons, l’autre n’a pas besoin de butiner le nectar pour le transformer en cire, ni de bâtir ses alvéoles, ni besoin de temps et d’énergie pour construire.
Dès les premiers jours, la colonie peut stocker du nectar récolté, dans les rayons artificiels et démarrer l’élevage, aussitôt les petits travaux de retouches et de consolidations faits.
Alors que l’autre colonie, elle, n’a même pas terminé de bâtir ses premiers cadres …
Mais ce n’est pas tout ! En effet, suite au démarrage plus rapide de l’élevage, puis de son rythme de croissance, les essaims installés sur les cadres artificiels FAVUS auront une avance considérable sur le développement de sa population. Nettement plus nombreuse à la fin de la saison, le passage hivernal de la colonie sera plus sûr, et son développement plus fort au printemps. Conséquence considérable : à la saison prochaine, les récoltes seront bien plus importantes.

Quelques caractéristiques des rayons FAVUS :

La fabrication est faite en cire d’abeille purifiée, désinfectée, comme pour la cire gaufrée traditionnelle. Les cellules sont calibrées, de même profondeur et inclinées comme celles réalisées par les abeilles.
Elles sont facilement malléables, donc modulables, selon le besoin de la colonie.
En effet, les parois de ces alvéoles sont légèrement plus épaisses (800/760) pour des raisons de technologie de fabrication.
Les rayons artificiels préfabriqués seront incrustés dans les cadres, sur des fils inox préchauffés électriques. Comme ils sont parfaitement rectilignes et donc sans déformation, la quantité de cire d’opercule à la récolte sera très réduite. De plus, par suite leur rigidité supérieure, du fait que les parois des alvéoles sont fabriquées plus épaisses, ils résistent mieux aux extractions. Leur emploi sera plus économique pour les abeilles, comme pour l’apiculteur. Ils sont naturellement utilisables dans toutes les conditions, comme des cadres classiques.

Fabrication-des-rayons Fabrication des rayons artificiels en cire d’abeille

Selon les expériences réalisées depuis 3 ans en Hongrie, plus récemment en Allemagne et en Autriche, l’utilisation de cadres FAVUS s’avère très avantageuse. Les colonies se développent amplement et bien avant celles élevées de façon classique. Mieux, elles assurent un rendement supérieur !

Quelques remarques.

En général, à la fin de la saison de miellé, une colonie classique a produit par exemple 25 kg de miel. Pendant cette même période, l’essaim installé sur les cadres classiques, a bâti tout juste ses dix cadres, dont quatre, contiennent du couvain, mais pas encore d’abeilles naissantes. Par conséquent, la construction d’un de ses cadres, élevage compris, représente à la valeur 25/10= 2,5 kg de miel par cadres. Valeur de base, entièrement récupérée par l’essaim installé sur cadres FAVUS, alors que les conditions favorables, toutes réunies pour des essaims classiques, sont rares, sans compter que les nuits, il n’y a pas de rapport de nectar. Mais au-delà, de ces avantages principaux, il y a la rapidité du développement de sa population. En effet, à la fin de la miellée, l’essaim est devenu une vraie colonie avec 8 cadres d’élevage, dont certains avec des abeilles naissantes sur les deux faces. Alors, entre-temps, et par nécessité, cette ruche sera surmontée d’une hausse, garnie de cadres FAVUS. À la fin de cette même période de miellée, un certain nombre de ses cadres contiendront beaucoup de nectar frais et d’autres, avec des cellules déjà operculées. De telles colonies seront alors susceptibles de transhumer et de récolter sur d’autres miellées dans l’année. Mais aussi elles feront des récoltes supérieures, durant la saison prochaine, grâce au développement précoce de sa population.

Stockage-du-nectar-dans-un- Stockage du nectar dans un cadre préfabriqué

Le rayon artificiel a été présenté pour la première fois en dehors de la Hongrie au premier congrès des apiculteurs européens à Agen entre le 11 et le 14 octobre 2012 par l’inventeur et fabricant Monsieur Kusnyér, apiculteur hongrois. Ce congrès était pour lui une opportunité, qui lui a permis de présenter son invention à l’échelle continentale.

En tant que traducteur, j’étais en première ligne pour pouvoir mesurer les réactions des congressistes et j’ai pu remarquer aussitôt que cette invention suscitait beaucoup de ravissements. Finis les cadres fabriqués en matière plastique, ils ne figuraient plus dans aucun stand, ni dans aucun catalogue. Pas de concurrents à l’exposition, pour les rayons « FAVUS », fabriqués entièrement en cire d’abeille.
Aussitôt le présentoir installé, d’abord beaucoup de curieux s’arrêtent. Mais à mesure que le temps passe, de nombreux professionnels, apiculteurs et accessoiristes, se renseignent aussi. Tous sont étonnés par la perfection et les qualités des échantillons mis à la disposition du public. Tout le monde demande le prix et les délais de livraison. Parmi eux des Espagnols, des Italiens, des Allemands… et même des apiculteurs d’Afrique du Nord.
Parmi les questions soulevées le plus fréquemment se trouvaient celles concernant la santé des abeilles, ainsi que celles concernant la qualité de la cire utilisée pour la fabrication. D’autres personnes souhaitaient des précisions sur l’acceptation des rayons préfabriqués en cire par les abeilles.

Il faut reconnaître qu’étant donné les limites de la fiche de présentation (une page, recto verso), il manquait de place pour préciser certains aspects, pourtant très importants. Aussi, sur place il était facile de montrer les traces des teignes sur un cadre FAVUS usagé et d’expliquer en détail les tenants et aboutissants des questions.
Quelle est la garantie de la qualité de la cire employée pour la fabrication ?
Réponse :
1. Dépôt simultané d’échantillon du fournisseur et de l’acheteur, au laboratoire choisi par ce dernier.
2. Fabrication possible à partir de la cire fournie par le commanditaire.
Une autre question, sanitaire, remarquable posée, mérite également une explication : L’essaim sur cadres « Favus » est privé de possibilité de purification par l’élaboration de ses rayons par lui-même. Cependant selon la fiche de présentation, il est conseillé d’installer au centre de la ruche, un cadre Favus usagé, bruni, déjà utilisé par une reine auparavant. En effet dans tous les cas, la reine de l’essaim commencera à pondre dans les alvéoles de ce vieux cadre. Celui-ci sera alors prélevé au bout de 8 à 10 jours. Il est d’ailleurs recommandé de procéder de la même façon et pour les mêmes raisons dans des cas classiques aussi. Par ce moyen, il s’agit donc de rompre d’éventuelles infections contagieuses rapportées par l’essaim, depuis la colonie d’origine. Par manque de place, il n’est pas précisé non plus la destination de ce cadre prélevé. L’auteur de la fiche d’information a supposé que les intéressés connaissaient ces précautions et les démarches à suivre.

Congrès-Apicole-d\'Agen Au Congrès d’Agen, M. Étienne Bruneau du CARI (Belgique), en conversation devant le rayon artificiel.

M. Tamàs Kusnyér lui-même apiculteur professionnel en Hongrie, était très sensible aux avis des collègues européens. Il faut avouer qu’il était bien servi. En effet, ils étaient nombreux présents dans la halle d’exposition.
En quittant l’exposition, les organisateurs ont reconnu spontanément la qualité, l’originalité et l’intérêt de cette innovation. Le jury du Congrès, chargé d’examiner les nouveautés, a proposé d’attribuer un prix de distinction spécial. Il y a de forte chance que l’emploi de ces rayons artificiels fabriqués en cire d’abeille, bouleversera profondément la pratique apicole actuelle.
Naturellement cela a une signification et des répercussions bien au-delà du pays organisateur. Selon Mr Kusnyér, le premier Congrès des Apiculteurs Européen d’Agen, a beaucoup contribué pour qu’il en soit ainsi. Voici que trois jours après la fermeture du Congrès, les professionnels espagnols ont confirmé aussi leur intérêt pour les rayons FAVUS et cela par écrit. Les initiateurs, ainsi que les organisateurs de cet évènement peuvent afficher une fierté devant un tel succès.
Grâce à ce congrès, les apiculteurs des pays de l’Union européenne pouvaient bénéficier non seulement d’informations sur les innovations, tels des rayons d’abeilles préfabriqués par l’homme, en cire d’abeille, mais aussi les voir et les toucher du doigt.

Renouvellement des cadres

Pour quelles raisons vouloir renouveler les rayons de la colonie ?

La cire d’abeille est à la base de la construction des rayons. Cette matière fait partie des produits dits « liposolubles » c’est-à-dire capable d’absorber, d’emmagasiner des produits chimiques. Or, il se trouve que les médicaments utilisés dans les ruches sont dans la pratique, exclusivement à base de produits chimiques, fussent-ils olfactifs. Notons aussi que les pratiquants soigneux changent souvent de produits de traitements afin d’éviter l’accoutumance des parasites varroas. Procéder de telle façon augmente le nombre de produits susceptibles de s’accumuler dans la cire des rayons.

De plus, à la manière des papillons, les larves abandonnent à chaque naissance une pellicule de cocon collé à la paroi de l’alvéole. Conséquence : les dimensions des alvéoles se réduisent. Les larves naissent de plus en plus petites, ainsi que les récoltes en proportion égale. Dans la nature, les colonies se défendent contre ce phénomène par des essaimages. De nos jours les pratiquants préfèrent dominer, éviter de telles manifestations. Selon nombre d’entre eux, sous certaines conditions, le renouvellement des cadres diminuerait le risque d’essaimage. Voilà une raison supplémentaire de remplacer de vieux cadres infectés, impropres à l’élevage. Il est même conseillé de procéder ainsi tous les ans, à hauteur de 2 à 3 cadres à remplacer par colonies voire d’avantage si les conditions sont favorables. Pour tout apiculteur soucieux de la santé de ses colonies, il est alors justifié de pratiquer le renouvellement des cadres, tout en limitant les coûts. En effet, de telles démarches ont un prix non négligeable.

Comment évaluer l’importance des frais occasionnés par le renouvellement des cadres ?

Quand les conditions sont favorables, une colonie développée, installée dans une ruche Dadant est capable de récolter 25 kg de miel pendant la miellée de printemps. Pendant cette même période, et sous les mêmes conditions, un essaim d’un poids moyen, installé sur des cadres Dadant traditionnels à bâtir, est capable de construire 10 cadres. Cela signifie alors que cet essaim a utilisé : 25/10=2,5 kg de miel pour construire un cadre. Partant de ce constat, il est possible d’affirmer qu’à chaque fois que l’apiculteur prélève un de ses vieux cadres et le remplace par des cadres à bâtir classique, il récolte 2,5 kg de miel de moins. Ce n’est pas tout ! En effet, la colonie perd beaucoup d’énergie et de temps à la construction de nouveaux cadres. Cela entraine un recul dans le développement de la population, les naissances étant retardées par la nouvelle construction. Tous ces déficits sont réels et conséquents, bien que difficilement chiffrables.

Rayon-gaufré

Par exemple ; comment estimer le vieillissement, « l’usure » de la population du fait de ces travaux de construction imposés ? A partir de ces considérations, il est facile de comprendre la préoccupation de Kusnyér Tamàs, apiculteur hongrois. Afin de réduire la perte de récolte due aux renouvellements des cadres, il a imaginé et réalisé des rayons entiers, avec des alvéoles reconstituées en cire d’abeille. Les dimensions des alvéoles et leur inclinaison vers le centre sont inspirés par les rayons naturels eux-mêmes. Le succès est total ! Les abeilles acceptent ces rayons artificiels sans problème et cela, dès la première installation. Cette nouveauté a été présentée au 1er congrès apicole Européen à Agen, en 2012 et obtenu un prix « Mention Spéciale » d’innovation. Son utilisation est pratique, notamment dans le renouvellement des cadres, comme dans l’essaimage. Ces bâtis artificiels présentent de nombreux avantages sur le plan économique et sanitaire.

Comme noté plus haut, pour la construction d’un cadre, la colonie utilise 2,5 kg de miel. Si le prix du miel en moyenne est d’environ 5 € /kg, alors, le prix réel d’un cadre Dadant classique est de 2,5 x 5 = 12,5 €. Par conséquent, la valeur réelle d’un cadre avec rayon artificiel type « Kusnyér » (Photo 2) est égale à 12,5€. Or selon l’estimation le prix de revient à la fabrication de ces cadres artificiels, n’excède pas la moitié de sa valeur réelle. C’est à dire soit 6,25€. C’est un avantage économique important, mais ce n’est pas tout.

Lorsque le pratiquant introduit un tel cadre dans sa ruche, alors :
  La colonie n’a besoin ni de butiner du nectar, ni de dépenser de l’énergie, pour construire.
  Aucune contrainte de conditions climatiques favorables, pas de récolte la nuit …
  Pas de perte de temps pour la ponte, ou pour stocker du nectar.
  Accélérateur de développement de la colonie
  Garanti de récolte, pas de perte de 2,5 kg de miel par cadres
  En période de miellée un tel cadre peut être introduit sans gêne en plein milieu du couvent.
  La reine sera excitée de pondre dans des alvéoles aussitôt nettoyage et préparation faits.
  Le dynamisme de la colonie sera renforcé, l‘envie d’essaimage éloigné.
  Le nombre de la jeune génération augmenté, la santé de la colonie sera renforcée.
  Rayons rectilignes, résistance mécanique accrue, et très peu de cire d’opercule à l’extraction.
  L’apiculteur fait l’économie de 50% par rapport au prix de revient d’un cadre bâti classique.

Faut-t-il ignorer et négliger de tels avantages ?

Kusnyér Tamàs, Favus Kft, Szekfu u. 28/b, 8182 H-Peremarton, favus@gmail.hu T. 0036 30 73 78 220

Joseph Bencsik
joseph.bencsik@free.fr

BENCSIK Joseph - 11 février 2013

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