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Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise
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Une colonie d’abeilles dans la cheminée (suite)
UNE COLONIE DANS LA CHEMINÉE - SUITE Une "ruche cheminée" Avant-propos Il s’agit de propos concernant des ruches recomposées en "ruche cheminé" et de quelques réflexions. Ils sont basés sur des expériences et observations réalisées à ce sujet récemment. Dans mon écrit précédent, intitulé « Une colonie dans la cheminée », il était question de quelques observations comportementales concernant des essaims naturels vagabonds, qui de préférence s’installent dans des cheminées désaffectées. En pratique En réalité l’emploi des ruches conçues comme « ruche cheminée » n’est pas connu dans la pratique en dehors d’un cercle restreint. Étant donné les avantages sanitaires remarquables dont elle fait preuve, elle mérite sans doute l’attention de tout apiculteur soucieux de la santé de ses abeilles. Ces caractéristiques conceptuelles est très simple, voici en résumé : Elle est composée d’une hausse ou un corps de ruche à crémaillère "écarté" (9/10 cadres) équipée de cadres, eux-mêmes munis seulement d’une petite bande d’amorce de cire gaufrée. Elle sera surmontée par le corps de ruche habité par la colonie en observation. Le tout étant posé sur un socle entièrement grillagé. Cette « cheminée » sera alors recouverte d’un couvre cadre également grillagé et par le toit de la ruche. Quelques généralités En général les abeilles démontrent à l’observateur attentif leur « accord ou désaccord » sur la situation dans laquelle elles se trouvent. Il s’agit d’indications, signes perceptibles, dérangements, déséquilibre, excès de consommation, affaiblissement, maladies...ou dynamique et bonne santé ! Pour quelqu’un d’attentif, ces observations montrent, que la colonie ne cherche pas se protéger contre les intempéries par le bas, mais seulement par le haut. Serait-ce aussi pour d’autres raisons, raisons hygiéniques pour ne pas retenir ses « déchets ménagers » par le bas, pour avoir une bonne oxygénation... ? (Voir écrit "Une colonie dans la cheminée".) Pour l’apiculteur soucieux du bien-être naturel de ses abeilles, il s’agit de tenir compte de leurs comportements. D’ailleurs qui d’autre pourrait savoir mieux, qu’elles mêmes, de ce qui est utile et convenable pour elles ? Lors des premières expériences La rigueur de l’hiver était moyenne cette année. À la sortie de la saison, vers la mi-mars, (dans la région de Lyon) et les colonies en observation étaient en excellente santé. La preuve en est que les cirières ont commencé à construire dans le volume vide, plusieurs ébauches de rayons collés à la baguette inférieure des cadres. Ces ruches sont donc conçues sur des bases réalistes correspondant à l’attente des locataires. La bonne adaptation, et le bon fonctionnement du système étaient indiscutables. L’expérience a été concluante. Ces observations étaient alors interprétées comme une incitation forte à la pose des hausses. Alors, une fois ces ébauches supprimées les hausses vides étaient enlevées. Puis garnies de cadres bâtis, aussitôt réemployées comme hausses classiques posées sur le corps de ruche correspondant. En réalité par ces manipulations un peu précipitées, l’expérience de la « ruche cheminée » a pris fin du moins momentanément. Ces ruches cheminées sont redevenues comme des ruches classiques ordinaires. L’année suivante Plusieurs « ruches cheminées » ont été constituées identiques à celles de l’année précédente. Dans ce cas encore, les colonies expérimentales sont sorties de l’hiver en pleine forme. La preuve en est que de nouveau, elles se mettaient à construire des rayons sous les cadres, dans le volume vide, et cela dès le début d’avril. Cette fois-ci, certaines hausses "basses" étaient garnies de cadres munis d’une amorce de cire gaufrée, le tout étant en place, dès novembre. Les colonies pouvaient donc alors se développer librement, guidées par la nature dès sortie d’hiver. Ainsi, elles avaient recommencé à bâtir des rayons sous les cadres, comme l’année précédente. Une semaine après, elles se sont retrouvées avec trois à quatre rayons de 15 cm de hauteur construits dans l’axe du nid. Ce qui était remarquable dans ces phénomènes, c’est que ces rayons, sans exception ont été constitués par des alvéoles de bourdons. Par contre pas de traces de l’élevage de bourdon dans le corps de ruche. Ce comportement méthodique indéniable incite à la réflexion à plusieurs titres. Remarquons tout de suite, que ce type d’attitude, c’est-à-dire vouloir construire d’abords des alvéoles de bourdons est sûrement naturel chez les abeilles, étant donné qu’il est systématique. Ces observations incitent à affirmer qu’un moment donné dans le cycle annuel de la vie des colonies, elles se sentent dans un besoin irrésistible d’élever des bourdons ! On peut aussi supposer que cette façon de se conduire fait partie de leurs patrimoines comportementaux depuis la nuit des temps. Notons également d’autres constatations authentiques et claires : dans une « ruche cheminée » la colonie n’éparpille pas son élevage de faux-bourdons, comme ce souvent le cas dans une ruche classique. En effet dans ce cas dernier en général elles construisent de telles alvéoles généralement à la périphérie de l’élevage et à l’endroit ou elle trouve de la place. Cette fois elles préfèrent bâtir des rayons entiers quasi exclusivement aux bourdons et cela dans hausse "basse". En général, entre ces rayons on ne trouve pas de rayons d’élevage d’ouvrières, sauf si l’apiculteur n’assure pas la place nécessaire dans le corps de ruche à la ponte d’ouvrière. L’inverse devrait être aussi vrai : en principe il n’y a pas d’élevage de faux-bourdons sur des rayons d’élevage d’ouvrières. ***************************************************************************************
*************************************************************************************** L’explication est simple : les dimensions des alvéoles des faux-bourdons sont nettement plus importantes que celles des alvéoles ouvrières. En principe, il n’y a donc pas suffisamment d’espace pour de telles alvéoles entre les rayons de l’élevage d’ouvrière. Alors que dans la hausse "basse" elles sont libres de faire selon leur guise. Joseph Bencsik BENCSIK Joseph - 16 février 2007 |