Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

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Une trappe à pollen propre

III. UNE TRAPPE A POLLEN PROPRE À MÉNAGER LES ABEILLES.

À la base de la conception du nouveau dispositif, figurent de nombreuses observations et pas moins d’expériences. Pour mémoire, rappelons-nous qu’à l’extérieur, les abeilles s’orientent à la vue et selon les directions zodiacales. Pour trouver la direction à suivre, elles disposent donc d’un organe « boussole » leur permettant s’orienter à coup sûr. Tel n’est pas le cas à l’intérieur de la ruche. Dans ce cas, leur « boussole » est débranchée !

En effet on peut observer d’incontestables expériences prouvant, qu’à l’intérieur de la ruche les abeilles s’orientent, se repèrent, à partir de la disposition interne des composants de la ruche. La position des cadres les uns par rapport aux autres, et leur fonction, la position de la sortie, (lorsqu’il n’y en a qu’une !) par rapport à l’ensemble sont les points de repères. Ensuite elles mémorisent la situation par l’apprentissage (comme font les aveugles pour s’orienter dans leur appartement). Puis elles deviennent esclaves de leurs coutumes tant que la situation ne change pas.

Ces phénomènes, c’est-à-dire apprentissage, mémorisation, automatisme sont observables chez l’homme aussi. C’est un des comportements caractéristiques parmi de nombreux autres, que l’homme possède en commun avec l’abeille. Ainsi l’homme comme ce petit insecte, devient facilement esclave de ses habitudes. Pour preuve, échangeons des tiroirs de vaisselle avec le tiroir contenant d’autres accessoires que nous fréquentons régulièrement dans la cuisine et observons nos automatismes. Justement, ce sont ces observations sur lesquelles s’appuie la conception de la nouvelle trappe à pollen.

Celle-ci propose à la colonie, un habitacle avec une entrée et une sortie séparées, situées coté opposés de la ruche. Une sorte de circulation automatique à sens unique. Les abeilles rentrent d‘un côté et sortent de l’autre. Elles font cela sans contrainte et machinalement.

Le dispositif

Le principal élément du dispositif est un socle spécial que l’on pose sous le corps de la ruche. Il sera divisé en deux parties égales et selon une ligne presque diagonale, par une paroi de séparation. Dans une des parties ainsi obtenue, prend place la grille trappe à pollen, avec en dessous le tamis à pollen et le réceptacle. Pas de communication possible entre les deux parties. Ainsi préparé, il sera alors recouvert d’un plateau avec une fente de passage d’abeilles au plafond, à chaque extrémité. Les deux passages, entrée et sortie seront d’aspect extérieur et de dimensions identiques. Un de ces accès, celui le côté grille -trappe à pollen sera fermé provisoirement ainsi que le passage au plafond correspondant. L’ensemble prendra place sous le corps de ruche et à la place du socle classique. Naturellement au départ, il sera posé avec son entrée correspondant au côté passage libre (c’est à dire coté sans grille-trappe !)

Fonctionnement

Au début, prévoir une période d’accoutumance d’environ une semaine. Un temps nécessaire pour habituer les abeilles à la fréquentation du dispositif. Rappelons que pendant cette période, le passage de derrière c’est-à-dire la future sortie, dans lequel sont situés la trappe à pollen et le passage plafonnier correspondant doivent être fermés. Puis, à la fin de la période d’accoutumance, ces passages seront ouverts. En même temps, l’ensemble sera retourné sur place à 180°. C’est alors, que le phénomène attendu se produit : le passage des abeilles devient automatiquement sens unique. Elles entrent comme d’habitude, par devant, par contre, elles sortent automatiquement par derrière.

Résultat

Les abeilles rentrantes se trouvent face à la grille- trappe. Elles s’efforcent alors de la traverser. Évidemment celles qui transportent du pollen "payent" leur contribution en passant par le « poste de péage » autrement dit par la grille- trappe. Puis elles remontent dans le corps de la ruche par le passage prévu, découpé au plafond.

Mais à l’intérieur de la ruche rien n’est changé par rapport à la disposition d’origine, sinon l’inversion de la direction Nord-Sud. Cependant ce fait passe inaperçu, leur « boussole » étant débranchée. Elles vont donc vaquer à leurs occupations. comme d’habitude, puis elles sortent librement par le passage accoutumé, mémorisé. Celui-ci les conduira à l’arrière de la ruche, donc au passage libre. Mais une fois sorties, elles ne se soucient même pas de la nécessité d’un nouveau repérage. L’automatisme fonctionne une fois de plus à merveille. Elles vont donc revenir comme précédemment, et elles vont de nouveau passer par le « poste de péage ».

Ce circuit à sens unique fonctionne automatiquement. Toutes les abeilles quittent la ruche de la même façon. Les bourdons et la reine en cas d’essaimage, sortent librement également . Mieux encore, le service « pompes funèbres » et les « éboueuses » passent machinalement par le même chemin. Ainsi le pollen collecté ne risque pas d’être pollué par aucun déchet.

Ménagement de la colonie

Bien évidemment la nouvelle génération qui commence à s’affecter à leurs premières missions extérieures, préfère éviter les difficultés à passer par la grille trappe pour sortir dès la première fois. Cela est une évidence, elles ne vont pas choisir le passage encombré. Elles cherchent nécessairement à quitter la ruche facilement et librement c’est-à-dire par la sortie libre donnant à l’arrière de la ruche. Une fois dehors, obligatoirement elles se repèrent, puisqu’il s’agit de leur première sortie. En effet il y a nécessité d’agir ainsi puisqu’il va falloir pouvoir revenir à la ruche. À partir de ce moment, ce passage libre va devenir leur entrée également. Naturellement parmi ces nouvelles butineuses se trouent aussi celles qui rapportent du pollen.

En conséquence, à mesure que la nouvelle génération relève l’ancienne, la situation générale de la colonie s’améliore continuellement, pour se rétablir complètement généralement en fin de saison. Il s’agit bien de gros avantage qu’assure le nouveau dispositif par rapport à l’accessoire classique. Il permet de faire une récolte de pollen avec bien moins de nuisance pour la santé de la colonie.

En fin de saison, on peut alors remettre un socle classique à sa place, nettoyer la trappe à pollen, en prévision de sa réutilisation à la saison prochaine à partir de mi-avril,. Mais il y a bien d’autres avantages, aussi remarquables que procure le nouveau dispositif à la colonie récolteuse. Nous l’avons remarqué plus haut, les abeilles perdent beaucoup d’énergie et de temps pour passer à travers une grille-trappe à pollen. Alors remarquons aussi avec satisfaction que ces pertes seront divisées par deux par rapport au cas d’une trappe à pollen classique, du fait du passage libre. C’est une réalité qui mérite appréciation Elles peuvent donc faire deux fois plus de passages aller retours, rapporter deux fois plus de nécessaire par rapport au cas de la trappe à pollen classique. Notons aussi qu’elles économisent une quantité appréciable d’énergie, donc usure corporelle, vieillissement prématurés... !

Après avoir remarqué quelques avantages pour la colonie utilisatrice, notons bien qu’il en reste d’autres et non des moindres par ailleurs.

Trappe-à-pollen

Autres avantages ...

Cet article sera publié prochainement

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BENCSIK Joseph - 2 juin 2011

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