Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

Chambre d'Agriculture - 18 rue des Monts d'Or - 69 890 La Tour de Salvagny



Voulez-vous produire du pollen propre pour votre consommation personnelle ?

I. Sur le pollen et sur sa production

Généralités

Rappelons-nous brièvement : le pollen est une sorte de « poudre fertilisante » que les végétaux produisent dans les fleurs. Il s’agit d’assurer non seulement la reproduction des espèces en question, mais aussi la création par croisements de nouvelles sous-espèces.
À noter aussi qu’il en existe plusieurs sortes dans la nature. Ils possèdent autant de formes différentes et de caractères spécifiques que d’espèces de végétaux. Il y a aussi par exemple les pollens emportés par le vent. Certains parmi eux sont capables de traverser les océans sans pour autant perdre leur capacité de fertilisation.
D’autres nous révèlent certaines allergies ( » rhumes des foins »).
D’autres sont encore plus spécifiques, plus fragiles du fait qu’ils sont produits et protégés dans les corolles des fleurs. Celles-ci étant accessibles seulement par certains insectes pollinisateurs, comme les abeilles.

Pelotes de pollen

Récemment, depuis le milieu du 20e siècle l’homme s’est rendu compte de l’utilité et des avantages que présente le pollen pour la consommation humaine. Qui dit utilité, dit aussi intérêt de production.
Il s’avère, que les abeilles se présentent comme les meilleures auxiliaires pour réaliser de tels objectifs. En effet elles ramassent et utilisent une quantité importante de pollen pour se nourrir et pour nourrir leur élevage, Il s’agit de leur principale source de protéine, et de nombreux composants, vitamines, enzymes et oligoéléments indispensables pour la vie.

Il s’avère aussi, que pour l’homme et à cause des composants nobles, le pollen est bien plus qu’un aliment ordinaire. La consommation régulière d’un tel produit provoque des effets bénéfiques remarquables sur la santé. Sa production mérite en conséquence une attention particulière.
Comme les pollens récoltés par des abeilles sont très variés et dans leurs formes et dans leurs qualités organiques. Leurs caractéristiques sont déterminantes pour un miel donné. Mais en réalité leur présence quantitative dans ce produit est insignifiante.
La classification des pollens, leurs analyses espèce par espèce, sont importantes . Leurs évocations détaillées ne font pas partie du sujet mais il y a grand intérêt à souligner leur importance.
De très nombreux ouvrages ont été consacrés à l’étranger comme en France sur le pollen. Leur énumération prendrait beaucoup de place et de plus, elle serait certainement incomplète.

Aujourd’hui sa consommation est bénéfique pour l’homme à l’exception de ceux qui en sont allergiques, affection dite « rhume des foins » . Pourtant, mêmes ces derniers peuvent bénéficier de certains avantages. Il s’agit de traitements par désensibilisation. Avantage d’une telle méthode réside dans le fait, que le traitement peut être entrepris bien avant que la charge pollinique se présente dans l’atmosphère.
En effet, il est possible de commencer dès la sortie de l’hiver grâce au pollen ramassé pendant la saison précédente par les abeilles. Naturellement cela se pratique sous réserve d’un protocole médical stricte ...

Le produit se trouve généralement sur le marché en état déshydratée pendant toute l’année. Depuis quelque temps on en trouve aussi congelé. À remarquer que sa conservation par déshydratation est dévalorisante par rapport à son état de fraîcheur d’origine.
Notons au passage aussi que sa conservation est très difficile du fait de sa fragilité. En effet, par la vitesse de dégradation, par moisissures, par fermentations ..., il peut devenir impropre à la consommation très rapidement. Alors, pour des raisons d’efficacité sanitaire et aussi nutritive, mieux vaut-il le consommer le plus fraîchement possible, aussitôt récolté.

Or, il se trouve aussi, que nos connaissances sur les effets provoqués par ce produit ont été obtenues à partir du pollen déshydraté. Autrement dit, à partir du produit amoindri dans ses qualités, donc dans sa puissance et dans sa capacité de produire des effets. Mais aujourd’hui il y a bon espoir de pouvoir découvrir de nombreux intérêts inconnus.

Pelotes de pollen

En effet par un nouveau dispositif spécifique (voir plus loin) on peut cueillir du pollen directement à la ruche. Mieux encore on peut en consommer aussitôt. Grâce à la capacité de ce nouveau dispositif le produit obtenu sera propre à la consommation aussitôt cueilli. Mieux encore, il pourra être indemne de toute manipulation humaine.
Par conséquent il y a bon espoir d’obtenir des effets bénéfiques d’autant plus puissants et d’autant plus intéressants. C’est seulement alors, et dans ces conditions qu’il sera possible de mesurer les véritables intérêts de sa production.
Il est certain, que chaque espèce végétale a son propre pollen caractéristique et cela jusque dans les effets. Il y a intérêt à savoir ce que va provoquer la consommation du pollen de châtaignier, ou de tilleul ... par exemple ? De plus ces caractéristiques sont variables selon des conditions climatiques, l’altitude, le microclimat, la nature des différents terreaux, la faune environnante, le stress subit par végétaux producteurs ...
Il reste beaucoup à découvrir en la matière. Il faut reconnaître, qu’aujourd’hui nous connaissons peu, sur les effets spécifiques, que produisent d’innombrables variétés de végétaux. Leurs pollens en sont donc hautement concernés.
Rêve d’apiculteur, rêve de consommateurs,
À quoi peut rêver un apiculteur ? À beaucoup de rapport en miel, et de bonne récolte de pollen. Il rêve aussi à ce que son produit se retrouve avec le moins de peines possibles dans les récipients. À la limite, l’idéal serait de faire déposer la récolte par ses abeilles, directement dans le pot de la dégustation. Serait-ce un rêve farfelu ?

Alors on peut imaginer que le consommateur de pollen exigeant rêve de produits apicoles purs et exempts de toutes manipulations humaines et dont l’origine soit garantie. La méthode de production décrite ci après démontre, que de tels rêves sont réalisables aussi bien pour les consommateurs que pour les producteurs.
Un tel produit sera original, et extraordinaire, par le fait qu’il ne nécessite aucune manipulation humaine le tri, la mise en emballage... conservation...
À la limite, et toutes considérations faites, le pollen récolté ainsi, peut arriver depuis la fleur directement sur la table du dégustateur, par l’intermédiaire des abeilles .
En effet, dès maintenant on peut produire facilement du pollen exempt de toutes manipulations. En réalité, ce produit peut être même récolté par les abeilles directement de telle façon qu’il tombe dans l’ustensile de la consommation.

II. La trappe à pollen classique

De tels accessoires se trouvent facilement chez les distributeurs spécialistes. Mais tel n’est pas le cas pour le nouveau dispositif. Pour bien apprécier les avantages du nouveau concept, faisons quelques constatations autour de la trappe à pollen classique.

Trappe à pollen

Il s’agit d’un dispositif dans lequel est incorporé une grille, avec des percements serrés ronds, de diamètre 4,9 mm en général. Les abeilles passent difficilement par de telles ouvertures. Elles subissent une perte de temps et d’énergie importante en se délaissant de leur chargement en pollen. Celui-ci tombe dans un réceptacle à travers une grille -tamis. L’appareil est posé à l’entrée de la ruche.
Toutes les abeilles passent par la grille « poste de péage », pour entrer, comme pour sortir, sauf pour certains appareils munis de sortie de secours pour des bourdons.

a) Dès l’installation d’un tel accessoire, une carence importante se déclare dans l’alimentation de la colonie. Celle-ci concerne essentiellement le pollen, nourriture principale indispensable pour l’élevage.
Pour pallier ce problème tant bien que mal, la colonie est obligée d’augmenter le nombre « du personnel » affecté à la récolte de pollen. Ce transfert ne peut s’effectuer qu’au détriment d’autres activités. D’où conséquence négative inévitable sur la vie de la colonie.

b) Le passage obligatoire à travers la grille trappe est difficile et éprouvant. Il exige non seulement la dépense de beaucoup d’énergie, mais de plus il ralentit grandement la circulation et cela pour l’ensemble de la population affectée à l’activité extérieure. Résultat : l’alimentation de la colonie en nectar, en eau, et surtout en pollen est sérieusement ralentie.
Pour limiter de tels effets néfastes, les apiculteurs producteurs astucieux utilisent dans leurs trappes à pollen un volet mobile, permettant d’alterner le passage libre avec le passage en position de récolte. Ce système exige la présence et la surveillance permanentes de l’apiculteur.

c) Pour rappel : dans la disposition classique, l’éprouvant passage à travers la grille trappe est obligatoire. Il en est de même pour sortir de la ruche.
Résultat : d’importantes pertes de temps, une gêne considérable et non négligeable pour sortir de la ruche. Mais il y a aussi perte d’énergie, usure, vieillissement prématuré et cela pour rien,... rien, que pour sortir.
Certains individus, notamment de la classe des « éboueurs d’ordures ménagères » voudraient sortir avec leur charge dans leurs mandibules. En passant par la grille pour sortir, ils laissent tomber involontairement leur chargement encombrant à cause des difficultés du passage.
Remarquons, qu’en temps ordinaire les abeilles mortes comme les larves mortes d’ailleurs sont sorties en entier. Mais dans le cas de la présence de la trappe à pollen, c’est une mission impossible.
La grille trappe à pollen l’empêche. Le service « pompes funèbres » est donc obligé de déchiqueter les cadavres. Alors, il n’est pas étonnant de retrouver des lambeaux de cadavres d’abeilles et de larves tombés en plus des ordures ménagères dans le réceptacle.

d) Il va falloir trier. Cette opération exige beaucoup de temps passé et d’attention soutenue, fastidieuse. Le petit apiculteur est bien obligé d’y passer manuellement. Il étale sa production en pleine lumière sur une table à plateau blanc et retire les saletés à la petite pincette.
Cependant le professionnel achète des machines performantes. Mais un tel investissement coûte cher, et de plus, il est peu rentable. En effet ces machines ne seront utilisées que durant au maximum 1/4 de la saison. Le reste du temps elle occupe la place sans utilisation.

e) Le pollen rapporté par les butineuses est délicat et fragile. Il y a déjà le temps d’attente que nécessite la manipulation du tri. Lorsque celui-ci est exécuté manuellement, la récolte est étalée et exposée à la lumière et à l’air, à une certaine température. Puis arrive la séquence de séchage accéléré. Il s’agit d’une ventilation mécanique accompagnée d’un chauffage forcé. L’opération dure un certain temps non négligeable.
Conséquence : une oxydation accélérée, suivie d’une dégradation qualitative plus que significative.
D’importantes pertes de vitamines, d’oligoéléments... détérioration d’enzymes, et d’arômes ... La preuve en est qu’un tel pollen déjà fané, est incapable de fertiliser des fleurs. Autrement dit, il a perdu sa vitalité.

f) A la sortie de la sélection, et de la déshydratation et à défaut de mesures conservatoires, le produit fermentera, moisira ... et il sera perdu pour la consommation. Alors pour éviter cela, il faut assurer un emballage adéquat hermétique.
En effet le pollen ainsi préparé n’est pas à l’abri d’une réhydratation par l’absorption de l’humidité ambiante. Conséquences : fermentation, moisissure...
En tout cas, par ces manipulations il sera touché dans toutes ses dimensions. Il en sortira comme l’ombre de lui-même. Pour preuve : à la sortie de l’hiver, les abeilles refusent de consommer un tel pollen déposé dans le plateau nourrisseur, et cela dès qu’elles en trouvent du frais dans la nature.

Suite de l’article : Une trappe à pollen propre

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BENCSIK Joseph - 1er février 2008

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